Aucun pouvoir, grandes responsabilités

Le Talk Show Stéphanois
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credit photo : Logan Denand

Un matin comme les autres, dans la banlieue de New-York, l’oncle Ben, celui de Peter, pas celui des boîtes de riz, glisse à son neveu qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Un matin comme les autres, dans la banlieue de Saint-Etienne, une poignée d’hommes se débattent avec de grandes responsabilités, mais pas le moindre pouvoir.

Dans quelles directions ?

Le triumvirat composé de Jean-François Soucasse, Loïc Perrin et Samuel Rustem semblent offrir une surface et une prise locale.

Aussi critiquable qu’il soit, ce noyau est celui de la remontée, deux d’entre eux ont un ancrage dans la réalité stéphanoise. Ce trio, certes imparfait, oscille entre la volonté de prendre des initiatives et l’inaction.

En effet, au-dessus d’eux, 3 hommes : Gazidis, Fahmy et Rosenfeld. Deux sont des juristes, le troisième est un petit prodige, parait-il, de l’analyse data.

Après s’être plaint pendant 20 ans d’une direction bicéphale, l’ASSE innove avec une direction hexacéphale et un modèle façon médusa qui change en pierre toute une organisation empêtrée entre les consignes du terrain et celle du Canada.

Pour gouverner, il faut être un nombre impair, disait Churchill avant d’ajouter qu’être trois, c’est déjà trop ! Alors qu’attend Gazidis pour prendre le lead ? Pour mettre les mains dans le cambouis de la ligue 1 et pour mener l’ASSE d’une main de fer, ou de velours, qu’importe tant qu’il la mène en patron ?

L’illusoire projet de jeu

Avec 13 points en 15 matchs, j’étais déjà persuadé qu’Olivier Dall’Oglio avait fait surperformer sa triste équipe de ligue 2 qui tentait vainement de ne pas boire la tasse dans le grand bain de la ligue 1.

Avec 6 points en 9 matchs Horneland, lui coule à pic, mais les esthètes nous rappelleront qu’il coule à pic avec panache puisque lui a une philosophie de jeu.

Je n’ai qu’affection et soutien à l’égard du Norvégien et je lui souhaite toute la réussite du monde puisqu’elle coïnciderait avec le succès de mon club.

Mais quand ODO tirait la sonnette d’alarme et réclamait à corps et à liste (au père Noël) des renforts, il ne le faisait pas pour sa pomme, il avait vu, comme nous, les limites abyssales d’un effectif trop peu modifié par rapport à l’époque où nous étions 12ème de Ligue 2.

Horneland a accepté de venir et de faire avec. C’est sûrement plus confortable, mais manifestement pas plus efficace.

A-t-il péché par excès de confiance en ses préceptes ? A-t-il mal évalué la Ligue 1 ? S’est-il aussi rué sur l’opportunité de quitter Brann pour venir exister dans un grand championnat puisqu’on lui en offrait l’opportunité (inespérée ?) ?

Trouver la réponse à ces questions ne changera pas la donne. Je répète ce que j’ai écrit ici : Avec Appiah, Nadé et autres Mouton, Ancelotti, avec Klopp comme adjoint, n’aurait pas de meilleurs résultats !

La fine équipe des 11

Et les joueurs dans tout ça ? La situation me perturbe tellement que je peux passer en 20 minutes d’un extrême à l’autre.

Tantôt, je ne leur en veux même pas, constatant leur médiocrité générale d’être là où ils ne devraient pas être. Après tout, si on me proposait de jouer en Ligue 1, le refuserais-je bien que conscient que mon niveau est insuffisant en Crit’ à Côte Chaude ? Certainement pas !

Tantôt, je suis pris d’une colère sourde qui me cisaille le sternum quand je vois ce maillot porté par Lubo, Piazza, ou Zokora être galvaudé quand il habille Pétrot. L’imposture est totale et la dignité souillée. Je bous, je hurle à l’intérieur, j’ai mal à mon club.

Il y a pourtant dans le football et dans tous les sports collectifs une magie, un truc difficilement explicable : l’unisson. En musique, ce principe veut que 100 personnes qui chanteraient faux individuellement, se mettent à chanter juste ensemble.

Comment cela s’explique-t-il ? Par mimétisme d’abord, les moins bons chanteurs commencent par imiter les meilleurs et puis l’oreille ordonne au cerveau de calquer sa tessiture sur la note générale. Le résultat est un ensemble harmonieux composé pourtant d’éléments dissemblables. Quand le collectif rend l’addition de 11 joueurs moyens supérieure à 11.

Ce concept est notre seule chance, il porte nos rares espoirs, il est la clé de l’hypothétique maintien. Peu importe le système, peu importe le coach, peu importe les moyens…

Un matin comme les autres, dans la banlieue de Paris, sans pouvoirs, ni responsabilités autres que celle d’aimer mon club, je me prends à y croire à nouveau et encore.

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